Quelle méthode de trading choisir quand on ne sait plus à qui se fier ?
Tu as déjà essayé deux ou trois méthodes. Chacune marchait très bien… pour celui qui te l'a vendue. Sur toi, elle a tenu quelques semaines, puis tu as commencé à sauter des règles, à sortir trop tôt ou trop tard, et tu as conclu que le problème, c'était toi.
La méthode de trading qui te correspond est celle que tu peux exécuter tous les jours sans lutter contre ton caractère : elle colle à ton besoin d'action et à ta façon de supporter une perte qui traîne. Ce n'est ni la plus complexe, ni la plus à la mode.
Je te montre ici pourquoi une méthode empruntée finit presque toujours par craquer, quels sont les deux traits qui décident de la tienne, ce qu'une méthode doit contenir noir sur blanc, et comment la tester sans te raconter d'histoires.
Pour qui est cet article ?
Pour toi si tu débutes et que tu ne sais pas par où commencer, ou si tu trades déjà et que tu changes de méthode tous les deux mois. Si tu pars vraiment de zéro, lis d'abord mon guide pour débuter le trading en partant de zéro : il pose les bases dont on a besoin ici.
Avant de parler de toi, il faut régler une question : pourquoi la méthode d'un autre, même excellente, échoue si souvent quand tu la reprends ?
Pourquoi la méthode d'un autre ne marche pas sur toi ?
Parce qu'une méthode de trading est taillée pour le caractère de celui qui l'a construite. Quand tu la reprends, tu hérites de ses règles, mais pas de son tempérament. Et ce sont les règles qui vont contre ton tempérament que tu finis par sauter.
Je le dis sans détour dans ma vidéo sur les quatre types de traders : « La plupart vont te vendre, en fait, la formation de ce que eux font, qui fonctionne très bien pour eux. Mais, pas forcément pour toi. » Et j'ajoute : « le costume qui va à Pierre ne peut pas aller à Paul. Chacun doit trouver son propre trading. »
Le costume d'un autre
Imagine un formateur qui adore l'action. Il prend vingt décisions par séance, il coupe ses pertes en quelques secondes, il revient aussitôt. Sa méthode est pleine d'entrées rapides. Pour lui, c'est naturel.
Maintenant, mets cette méthode entre les mains de quelqu'un de calme, qui aime réfléchir avant d'agir. Il ne manque pas de discipline : il porte un costume qui n'est pas à sa taille. Au bout de trois semaines, il hésite à chaque signal, rate la moitié des entrées et prend les autres en retard.
L'inverse est aussi vrai. Donne une méthode lente, qui demande d'attendre deux heures un seul signal, à quelqu'un qui a besoin de bouger : il va inventer des trades pour tromper l'ennui.
Ce que dit le régulateur américain
Le problème n'est pas que français. La CFTC, le gendarme américain des marchés à terme, met en garde contre les formations qui promettent une expertise et des résultats qu'elles ne peuvent pas tenir, et conseille de commencer par les ressources des institutions et des bourses (CFTC, « Learn to Trade Futures and Options Without Getting Scammed »).
Alors, si ce n'est pas la méthode, est-ce que c'est toi ? Est-ce que tu manques simplement de discipline ?
Est-ce que tu perds par manque de discipline ?
Non, en tout cas pas d'abord. La discipline est la conséquence d'une méthode qui te va, pas la cause. Quand la méthode colle à ton caractère, tu n'as pas besoin de te forcer à la suivre.
C'est la première phrase de ma vidéo : « Si tu perds en trading, ce n'est pas parce que tu manques de discipline. » Puis : « Nous sommes tous indisciplinés, nous sommes tous colériques, nous sommes tous avides, peureux, frustrés. »
Se battre contre soi, c'est perdu d'avance
On t'a sans doute dit qu'il fallait « travailler ta psychologie ». Lire des livres, méditer, te répéter tes règles le matin. Ça part d'une bonne intention, mais ça suppose que tu vas gagner un combat contre toi-même tous les jours, pendant des années.
Je pense l'inverse : le combat ne doit pas être contre toi. Comme je le dis dans la même vidéo, « ce qui va faire ta réussite, ce n'est pas de te battre contre toi. Ce n'est pas d'essayer d'être plus discipliné. » La réussite, c'est « un mélange d'une harmonie entre le marché et toi ».
Ce que la recherche sait de nos biais
Les économistes du comportement ont montré depuis longtemps que nos décisions face au risque ne sont pas « rationnelles ». Daniel Kahneman a reçu en 2002 le prix d'économie de la Banque de Suède en mémoire d'Alfred Nobel pour avoir intégré la psychologie à l'économie, en particulier le jugement et la décision dans l'incertitude (NobelPrize.org). Avec Amos Tversky, il a montré qu'une perte pèse plus lourd qu'un gain de même taille : c'est l'aversion à la perte.
Ce biais, tout le monde l'a. Mais pas avec la même force. Et c'est là que ça devient intéressant pour choisir ta méthode.
Quels sont donc les traits qui varient d'une personne à l'autre, et qui comptent vraiment ?
Quels sont les deux traits qui décident de ta méthode ?
Deux traits suffisent pour orienter ton choix : ton besoin d'action (est-ce que l'attente te coûte ?) et ta façon de vivre une perte qui traîne (est-ce que tu coupes vite, ou est-ce que tu tiens ?). Les deux sont documentés par la recherche sur de vrais comptes de particuliers.
Dans la vidéo, je le résume ainsi : « Il y a des gens qui, par nature, sont rapides. Ils prennent des décisions vite, ils foncent, souvent tête baissée, et il y en a d'autres qui sont beaucoup plus calmes, beaucoup plus réservés. »
Trait n° 1 : l'action ou l'attente
Pose-toi une question simple : quand rien ne se passe sur ton graphique pendant une heure, qu'est-ce que tu ressens ? Si ça te démange, si tu finis par cliquer « pour voir », tu as un fort besoin d'action. Si l'attente ne te coûte rien, tu es du côté de l'attente.
Ce trait a été mesuré. Mark Grinblatt et Matti Keloharju ont croisé les ordres de bourse d'investisseurs finlandais avec leurs déclarations fiscales, leur profil psychologique et… leurs excès de vitesse. Résultat : les investisseurs les plus portés sur la recherche de sensations, et ceux trop sûrs d'eux, passent davantage d'ordres, même à richesse, revenu et âge comparables (Grinblatt et Keloharju, NBER, 2006, publié au Journal of Finance en 2009).
Trait n° 2 : couper vite ou tenir
Deuxième question : tu es en position, le prix part contre toi de quelques ticks. Est-ce que ce petit rouge qui traîne te ronge au point de sortir tout de suite ? Ou est-ce qu'avoir tort dix minutes ne te dérange pas, et que ce qui te rend fou, c'est de te faire sortir juste avant que ça reparte ?
Là aussi, il y a des données. Terrance Odean a étudié environ 10 000 comptes d'un courtier américain : les particuliers vendent leurs positions gagnantes plus volontiers que leurs perdantes, c'est l'effet de disposition (Odean, « Are Investors Reluctant to Realize Their Losses? », Journal of Finance, vol. 53, n° 5, 1998). Ce penchant existe chez presque tout le monde, mais il n'a pas la même force chez chacun.
Pourquoi ces deux-là et pas d'autres ?
Parce qu'ils touchent les deux moments où une méthode craque : l'entrée (est-ce que tu supportes d'attendre ton signal ?) et la gestion de la position (est-ce que tu supportes la façon dont ta méthode te fait sortir ?). Ton âge, ton métier ou ton capital comptent pour ton organisation. Ces deux traits, eux, comptent pour ton exécution.
En croisant ces deux traits, on obtient quatre cases. Voyons laquelle te ressemble.
Quels sont les quatre tempéraments de trader ?
En croisant l'action ou l'attente avec couper vite ou tenir, on obtient quatre tempéraments : le Sniper, le Marchand, le Guetteur et l'Horloger. Il n'y a pas de bonne case. Il y a la tienne.
Précision honnête : aucune étude ne « prouve » qu'il existe quatre types de traders. Ce qui est documenté, ce sont les deux traits ci-dessus. Les quatre cases sont simplement leur croisement, une façon pratique de te situer.
Le Sniper : action et coupe
Il a besoin d'action. Il coupe vite et il revient vite. Une perte qui traîne lui est insupportable, mais une perte rapide ne le perturbe pas : il est déjà sur la suivante.
Le Marchand : action et tient
Il a besoin d'action lui aussi. Mais avoir tort un moment ne lui fait pas peur. Il tient, seul contre tout le monde, et ce qui le dérange, ce n'est pas d'être dans le rouge, c'est de sortir trop tôt.
Le Guetteur : attente et coupe
Il peut attendre des heures. Quand il agit, c'est net : ça marche ou il sort. Une fois, et il rentre chez lui. Un petit rouge qui traîne le ronge, donc il coupe.
L'Horloger : attente et tient
Il peut attendre et il peut tenir. Il veut une routine, faire la même chose tous les jours, sans rien avoir à interpréter. Ce qui le ronge : se faire sortir juste avant que ça reparte. Ce qui le vide : les règles floues « à l'appréciation ».
Le tableau pour te situer
| Ton rapport à l'attente | Tu coupes vite | Tu tiens |
|---|---|---|
| L'attente te coûte | Sniper | Marchand |
| L'attente ne te coûte rien | Guetteur | Horloger |
Comment savoir dans quelle case tu es ?
Ne te fie pas à l'image que tu as de toi. Regarde tes trades passés, ou repense à tes dernières séances : combien de fois as-tu cliqué par ennui ? Combien de fois es-tu sorti d'une position juste avant qu'elle reparte, ou au contraire resté trop longtemps dans une perte en espérant ? Ton historique dit la vérité mieux que ton intuition.
Une fois ta case repérée, une confusion fréquente reste à lever : ta méthode, ce n'est pas ton style.
Méthode, style ou stratégie de trading : quelle différence ?
Le style de trading décrit combien de temps tu gardes une position (scalping, day trading, swing trading, trading de position). La stratégie est un plan précis pour un type de situation. La méthode est l'ensemble : ce que tu regardes, comment tu décides, comment tu gères le risque, chaque jour.
La plupart des pages qui parlent de « méthode de trading » te font choisir entre scalping, day trading et swing trading. C'est utile, et je compare ces styles en détail dans mon article sur les différents types de trading. Mais ça ne répond qu'à une question d'agenda : combien de temps as-tu devant l'écran ?
Le style, c'est ton horloge
Si tu travailles en journée, le swing trading ou une courte fenêtre de day trading s'imposent par la force des choses. Le day trading consiste à ouvrir et fermer toutes tes positions dans la même séance, sans rien garder la nuit. Si tu es disponible à l'ouverture américaine, tu peux faire de l'intraday, et j'explique comment s'organise une séance dans mon guide du day trading sur les futures. Le style découle de ton emploi du temps, pas de ton caractère.
D'ailleurs, quand je parle de trouver ton trading, je précise dans la vidéo que je ne parle pas de choisir entre swing, scalping ou day trading : à l'intérieur d'un même style, l'intraday par exemple, il existe des façons de trader très différentes.
La méthode, c'est ta façon de décider
Deux traders peuvent faire tous les deux du day trading sur le même marché, aux mêmes heures, et ne rien avoir en commun. L'un prend dix décisions rapides. L'autre attend un seul moment de la séance. Même style, méthodes opposées, parce que leurs tempéraments sont opposés.
La stratégie, c'est une situation
Une stratégie répond à une situation de marché précise : un rejet d'un niveau, une cassure, un retour vers la moyenne. Ta méthode peut en contenir une ou deux, rarement plus si tu veux rester lucide.
| Notion | Elle répond à | Elle dépend de |
|---|---|---|
| Style | Combien de temps ? | Ton agenda |
| Méthode | Comment décider ? | Ton tempérament |
| Stratégie | Quelle situation ? | Le marché |
Et l'investisseur de long terme ?
L'investisseur qui achète des actions ou des fonds pour plusieurs années ne fait pas du trading au sens où je l'entends ici. Ses objectifs sont différents : profiter de la croissance d'une entreprise ou de l'économie, pas des mouvements d'une séance. Les deux métiers n'ont ni le même horizon, ni le même risque, ni les mêmes outils. Cet article parle du trader actif, sur les contrats à terme notamment.
Reste une autre question que tout le monde se pose : sur quoi ta méthode doit-elle s'appuyer pour décider ?
Analyse technique, tendance ou retour à la moyenne : sur quoi s'appuyer ?
Une méthode de trading actif s'appuie le plus souvent sur l'analyse technique, c'est-à-dire la lecture du prix et du volume, plutôt que sur l'analyse fondamentale, qui étudie la valeur d'une entreprise ou l'économie. Ensuite, elle consiste à jouer soit la tendance, soit le retour vers une zone de valeur. Le bon choix dépend encore de ton tempérament.
Analyse technique ou analyse fondamentale ?
L'analyse fondamentale aide à comprendre pourquoi un actif devrait monter sur des mois. Elle sert surtout à l'investisseur. Sur une séance de Nasdaq, ce sont les ordres en face de toi qui font bouger le prix, pas le bilan d'Apple. C'est pour ça que les traders intraday lisent le graphique, le volume et le flux d'ordres. Les annonces économiques comptent quand même : elles créent des mouvements brusques que ta méthode doit prévoir, ne serait-ce que pour rester à l'écart.
Suivre la tendance
Une méthode de suivi de tendance consiste à entrer dans le sens du mouvement en cours et à le garder tant qu'il dure. Elle demande de tenir des positions et d'accepter de rendre une partie du gain avant de sortir. Elle va bien au Marchand et à l'Horloger, qui supportent d'avoir tort un moment et détestent sortir trop tôt. Elle fait souffrir le Sniper, qui voudrait encaisser vite. Si tu es de ceux qui tiennent, mon article sur l'art de pyramider une position montre comment renforcer un trade gagnant avec des règles écrites.
Jouer le retour vers la valeur
L'autre grande famille cherche les excès : le prix s'éloigne d'une zone où le marché a beaucoup échangé, puis y revient. Les objectifs sont plus courts et la sortie en perte plus nette. Elle convient souvent au Sniper et au Guetteur, qui préfèrent une issue rapide : ça marche ou on sort. Le Market Profile, que je détaille plus bas, sert justement à repérer ces zones de valeur.
Les tendances du marché changent, pas ta case
Un marché alterne des périodes de tendance et des périodes d'équilibre. Tu n'as pas besoin de profiter des deux. Il vaut mieux bien trader un seul type de marché et rester les mains dans les poches le reste du temps que de changer de méthode à chaque changement de régime.
Tu sais maintenant sur quoi t'appuyer. Que doit contenir ta méthode, concrètement ?
Que doit contenir une bonne méthode de trading ?
Une bonne méthode de trading tient sur une page et répond, par écrit, à six questions : quel marché et quelles heures, quel signal d'entrée, où est la sortie en perte, où est la sortie en gain, combien tu risques par trade, et comment tu notes chaque trade.
Si une seule de ces réponses est « je verrai sur le moment », ce n'est pas encore une méthode, c'est une intention. Et ce flou, c'est précisément ce qui fait craquer, surtout si tu es du côté Horloger.
1. Le marché et les heures
Un seul marché au début, et une fenêtre horaire fixe. Changer de marché tous les jours, c'est changer de comportement de prix tous les jours.
2. Le signal d'entrée
Une phrase qu'un autre pourrait vérifier sur ton graphique : « j'entre quand… ». Si tu ne peux pas l'écrire, tu ne peux pas la répéter.
3. La sortie en perte
Avant d'entrer, tu sais où tu sors si tu as tort. C'est la règle qui protège ton compte, et c'est celle que ton tempérament va tester en premier : le Sniper la placera serrée, le Marchand plus large.
4. La sortie en gain
Objectif fixe, sortie partielle, sortie sur un signal contraire : peu importe, tant que c'est écrit. Le Marchand et l'Horloger supportent mal d'être sortis trop tôt ; le Guetteur et le Sniper préfèrent une issue nette.
5. Le risque par trade
Un montant ou un pourcentage maximal, le même à chaque trade. Je détaille le calcul dans mon article sur combien risquer par trade, et j'ajoute toujours une limite pour la journée entière, que j'explique dans mon article sur la perte maximale journalière. Sans ces règles, une bonne méthode peut quand même vider un compte.
6. Le journal
Chaque trade noté : heure, raison d'entrée, sortie, et surtout si tu as respecté ta règle ou non. C'est la seule façon de savoir si tu as un problème de méthode ou un problème d'exécution.
Tu as maintenant une méthode sur le papier. Reste à savoir si c'est la tienne, et ça, seul un test honnête peut le dire.
Comment tester une méthode de trading sans te mentir ?
Tu testes une méthode sur une période fixée à l'avance, en simulation ou en très petite taille, et tu ne juges pas seulement le résultat : tu mesures combien de fois tu as suivi tes règles sans les trahir. Une méthode que tu n'exécutes pas ne vaut rien, même si elle est bonne.
Étape 1 : fixe la durée avant de commencer
Par exemple vingt séances ou un nombre fixe de trades. Pas « jusqu'à ce que ça marche ». Sinon, tu abandonnes à la troisième perte, ce qui ne prouve rien.
Étape 2 : simulation ou très petite taille
Un simulateur suffit pour apprendre les règles. Ensuite, une très petite taille réelle révèle ce que la simulation cache : la vraie réaction devant la perte. Sur les contrats à terme américains, les micro-contrats existent justement pour réduire la taille ; le contrat Micro E-mini Nasdaq-100 de CME Group vaut un dixième du contrat E-mini standard. Je compare les deux dans mon article NQ ou MNQ.
Étape 3 : note le respect des règles, pas seulement le gain
À chaque trade, une case : règle respectée, oui ou non. Au bout de la période, ce pourcentage te dit plus sur l'adéquation de la méthode que ton résultat. Si tu trahis ta règle de sortie une fois sur deux, ce n'est pas un hasard : c'est ton tempérament qui parle.
Étape 4 : compare plusieurs façons de trader
Ne teste pas seulement la façon qui correspond à ta case supposée. Tu peux te tromper sur toi-même. Teste aussi les autres, et garde celle que tu exécutes avec le moins de tension.
Étape 5 : simplifie avant de conclure
Si aucune ne passe, le problème vient souvent du nombre d'éléments à surveiller, pas de toi. C'est ce que je vois en vidéo et en live : on rajoute un indicateur à chaque perte, et la méthode devient illisible.
La suite, avec moi
La démarche complète, avec la démonstration du Market Profile, est dans ma formation offerte : 7 leçons pour poser les bases et trouver ta façon de trader. Environ 1 600 personnes se sont formées avec moi depuis 2022, et mes élèves me notent 4,8 sur 5 sur Trustpilot (131 avis au 25 octobre 2026). Je reçois la formation offerte.
Une question revient souvent à ce stade : et si la meilleure méthode était tout simplement la plus simple ?
Une méthode de trading simple et efficace, ça existe ?
Oui, et c'est même la règle plutôt que l'exception : plus ta méthode demande de décisions, plus elle te donne d'occasions de te trahir. Une méthode simple n'est pas une méthode pauvre, c'est une méthode où chaque élément a une raison d'être.
Je le dis clairement dans la vidéo : « au plus tu vas complexifier ton trading, au plus tu vas rajouter des éléments pour prendre des décisions, et au plus, ça sera compliqué. » Puis le conseil qui va avec : « minimise l'information et la prise de décision. Mais tu dois trouver absolument ton trading. »
Pourquoi la complexité coûte cher
Chaque indicateur ajouté est une question de plus à te poser en direct. Trois indicateurs qui se contredisent, c'est trois raisons d'hésiter, et l'hésitation te fait entrer en retard ou pas du tout. Le temps de décision est un coût caché.
Simple ne veut pas dire facile
Une méthode simple est souvent plus exigeante à suivre, parce qu'elle ne te laisse aucune excuse. Le Guetteur qui n'a qu'un signal par séance doit accepter de ne rien faire certains jours. L'Horloger qui suit la même routine doit accepter les jours où elle ne paie pas.
Qu'est-ce que je regarde, moi ?
Mon travail repose sur la lecture du marché : où se fait le volume, où le prix est accepté ou rejeté. Si ça t'intéresse, mon guide complet du Market Profile et ma page sur l'order flow expliquent ces outils. Mais attention : ce sont des outils, pas une méthode toute faite. La façon de s'en servir dépend, encore une fois, de ta case.
Même avec une méthode simple, certaines erreurs reviennent sans cesse. Les voici.
Quelles erreurs font changer de méthode tous les mois ?
La première erreur est de juger une méthode sur trop peu de trades. Les autres viennent toutes du même endroit : choisir une méthode pour ses résultats affichés plutôt que pour son adéquation à ton caractère.
Abandonner après une série de pertes
Toute méthode connaît des séries perdantes. Si tu changes à chaque série, tu ne testes jamais rien jusqu'au bout. Fixe la durée du test avant, et respecte-la.
Choisir la méthode du trader qui gagne le plus
Les résultats affichés sur les réseaux ne disent rien de ce que toi tu peux exécuter. L'ESMA et l'AMF demandent d'ailleurs aux influenceurs financiers de souligner les risques, pas uniquement les avantages, et d'être clairs, exacts et non trompeurs (AMF, 8 janvier 2026).
Empiler les indicateurs après chaque perte
C'est le réflexe le plus naturel : « si j'avais eu ce filtre, j'aurais évité ce trade ». Sauf qu'un filtre ajouté pour le trade d'hier en supprime trois bons demain.
Confondre une règle trahie avec une méthode qui ne marche pas
Ton journal tranche. Si la méthode perd alors que tu as suivi tes règles, c'est un problème de méthode. Si tu perds parce que tu as sauté tes règles, c'est un problème d'adéquation : la méthode n'est peut-être pas faite pour ton tempérament.
Vouloir aller trop vite
Apprendre une méthode demande du temps, et ce temps varie beaucoup d'une personne à l'autre. J'en parle franchement dans mon article sur combien de temps il faut pour apprendre le trading.
Et même la méthode parfaitement adaptée a des limites qu'il faut connaître.
Quelles sont les limites d'une méthode adaptée à ton tempérament ?
Une méthode adaptée à ton tempérament te rend plus régulier dans l'exécution. Elle ne supprime ni le risque, ni les pertes, ni les périodes où le marché ne lui convient pas. Aucune méthode n'est infaillible.
Le risque reste entier
Sur les produits à effet de levier, la majorité des particuliers perdent de l'argent. L'ESMA a relevé, lors de ses mesures sur les CFD en 2018, que 74 à 89 % des comptes de particuliers y perdaient (ESMA, 2018). Ce ne sont pas des contrats à terme, mais le message est le même : le levier amplifie les erreurs autant que les bonnes décisions.
Le marché change
Une méthode qui demande de la patience souffre dans les marchés agités, une méthode rapide souffre dans les marchés endormis. Connaître ta case t'aide à reconnaître ces périodes au lieu de tout remettre en cause.
Ta case n'est pas une excuse
« Je suis Marchand, donc je tiens mes pertes » n'est pas une méthode, c'est une dérive. Chaque tempérament garde une sortie en perte écrite. La case te dit où la placer et comment la vivre, pas qu'elle est facultative.
Tu peux te tromper sur toi
C'est pour ça que je conseille de tester plusieurs façons de trader, pas seulement celle qui correspond à l'idée que tu te fais de toi. Ton exécution réelle est le juge.
Pour choisir où apprendre tout ça, les critères ne sont pas ceux qu'on croit.
Comment choisir une formation qui t'aide à trouver ta méthode ?
Choisis une formation qui te fait tester plusieurs façons de trader et regarde ton exécution, plutôt qu'une formation qui t'impose la méthode unique de son auteur. Méfie-toi de toute promesse de gain.
Pose trois questions avant de t'inscrire où que ce soit :
- Est-ce que la formation part de toi, ou de la méthode du formateur ? Si on te présente « la » méthode qui marche, c'est un costume tout fait.
- Est-ce qu'on regarde tes trades réels ? Une méthode se juge à ton exécution, pas à une vidéo de démonstration.
- Est-ce que le discours promet des gains ? Si oui, passe ton chemin. La CFTC le rappelle : beaucoup d'instructeurs promettent des résultats qu'ils ne peuvent pas tenir.
J'ai comparé les critères de choix en détail dans mon article quelle formation trading choisir, et j'explique ce qu'on trouve dans une formation sérieuse dans mon guide sur la formation trading. Si ton budget est serré, regarde aussi ce que vaut vraiment une formation trading gratuite et comment la reconnaître.
Et si tu préfères apprendre seul ?
C'est possible. Les ressources des bourses et des régulateurs sont gratuites et fiables. Ce qui manque le plus souvent quand on apprend seul, ce n'est pas l'information : c'est un regard extérieur sur ton exécution. Ton journal de trading peut en partie jouer ce rôle si tu le tiens honnêtement.
Pour finir, résumons ce qu'il faut garder en tête, et ce que tu peux faire dès ce soir.
En résumé : par où commencer ce soir ?
Trouver ta méthode de trading, c'est arrêter de chercher la meilleure méthode du monde et chercher celle que tu exécutes sans te trahir.
- Une méthode empruntée craque parce qu'elle a été taillée pour le caractère de quelqu'un d'autre.
- Deux traits décident : ton besoin d'action et ta façon de vivre une perte qui traîne.
- Quatre tempéraments en découlent (Sniper, Marchand, Guetteur, Horloger), sans bonne ou mauvaise case.
- Ta méthode tient sur une page : marché et heures, entrée, sortie en perte, sortie en gain, risque, journal.
- Tu la testes honnêtement : durée fixée, petite taille, et tu mesures le respect de tes règles.
Ce soir, sur ton dernier mois de trades
Reprends tes dix derniers trades, ou tes dix dernières séances en simulation. Pour chacun, note deux choses : est-ce que tu es entré par ennui ? Est-ce que tu es sorti trop tôt, ou resté trop longtemps dans une perte ? En dix lignes, tu sauras de quel côté tu penches sur chacun des deux traits.
Ensuite, la suite logique est de voir comment les styles de trading s'organisent autour de ton agenda : c'est l'objet de mon article sur les différents types de trading. Et si tu veux travailler le côté mental, j'ai trié les lectures vraiment utiles dans mon article sur les livres de trading.
Ma règle, pour finir : moins d'informations, moins de décisions, et une méthode qui est vraiment la tienne.
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