Market Profile ou Volume Profile : quelle est la différence ?
Le Market Profile mesure le temps que le marché passe à chaque prix, par tranches de 30 minutes notées en lettres (les TPO), alors que le Volume Profile mesure le nombre de contrats réellement échangés à chaque prix.
Voilà la réponse courte. Le premier te dit où le marché a accepté de rester. Le second te dit où l'argent a vraiment changé de mains. Les deux tracent une courbe en cloche couchée sur l'axe des prix, les deux ont un POC et une zone de valeur, et c'est pour ça qu'on les confond.
Ta plateforme propose les deux, et les niveaux ne tombent pas toujours au même endroit : c'est normal. À la fin de cet article, tu sauras pourquoi leurs POC divergent et lequel regarder selon ta question.
Le trading de contrats à terme comporte un risque élevé de perte, pouvant dépasser la mise initiale. Contenu éducatif, pas un conseil en investissement.
Pourquoi le temps et le volume ne racontent pas la même histoire
Imagine une journée sur le Nasdaq. Pendant trois heures de nuit, le prix tourne en rond sur 20 points avec très peu de contrats. Puis, à 15 h 30, l'ouverture américaine envoie des milliers de contrats en dix minutes sur un niveau précis.
Le Market Profile va gonfler la zone de nuit : le marché y a passé du temps. Le Volume Profile va gonfler le niveau de 15 h 30 : c'est là que les gros volumes sont passés. Même séance, deux photos différentes. Aucune n'est fausse : elles ne mesurent pas la même chose.
Si tu débutes avec ces outils, commence par mon guide complet du Market Profile : il pose toutes les bases (lettres, valeur, types de journées). Ici, on se concentre sur la comparaison.
Mais d'où vient cette idée de mesurer le temps plutôt que le volume ? Il faut remonter au Chicago des années 1980.
D'où vient le Market Profile et que veut dire TPO ?
Le Market Profile est né au Chicago Board of Trade (CBOT). Son inventeur, J. Peter Steidlmayer, est entré au CBOT en 1963 et siégeait à son conseil d'administration de 1981 à 1983, période où il a lancé le Market Profile et la Liquidity Data Bank, d'après sa biographie officielle. Il a ensuite détaillé la méthode dans son livre Steidlmayer on Markets.
L'idée de départ est statistique. Quand tu notes chaque prix touché au fil de la journée, tu obtiens presque toujours une courbe de Gauss : beaucoup de passages au milieu, peu aux extrêmes. Comme le prix est sur l'axe vertical, la cloche est simplement couchée.
Les lettres TPO : une lettre toutes les 30 minutes
TPO veut dire Time Price Opportunity. Chaque tranche de 30 minutes reçoit une lettre (A, B, C…). À chaque prix touché pendant cette tranche, on imprime la lettre. Quand je l'explique dans ma vidéo sur le Market Profile, vers 18 min 10, je montre que chaque lettre correspond exactement à une demi-heure.
Sur le Nasdaq futures, la séance électronique Globex ouvre à minuit et ferme à 23 h, heure de Paris : tu as donc une longue série de lettres, dont beaucoup tombent la nuit. Les horaires précis sont dans mon article sur les horaires des futures Nasdaq à l'heure de Paris.
Comme je le dis dans la vidéo, à la 4e minute : « c'est un outil qui va permettre de voir réellement où est-ce que les opérateurs passent du temps. D'accord ? On parle de temps, c'est très important » (voir le passage).
Dalton et la diffusion du Market Profile
James Dalton a rendu la méthode lisible pour le grand public avec Mind Over Markets, publié pour la première fois en 1990 (Probus, Chicago). Il y décrit les zones de valeur, les rejets de prix et les types de journées.
Derrière le Market Profile, il y a une théorie plus large : l'Auction Market Theory, qui voit le marché comme une enchère permanente à la recherche d'un prix juste.
Le Volume Profile, lui, est arrivé plus tard, avec les données électroniques. Voyons comment il se construit.
Comment se construit un Volume Profile ?
Le Volume Profile additionne, pour chaque prix, le nombre de contrats exécutés sur la période choisie. Il dessine un histogramme horizontal : plus la barre est longue, plus il s'est échangé de contrats à ce prix.
Il n'y a pas de lettres, pas de tranches de 30 minutes. Un contrat échangé à 9 h compte autant qu'un contrat échangé à 16 h. Ce qui compte, c'est la quantité, pas la durée.
Pourquoi le volume est fiable sur les futures
Sur un future comme le Nasdaq E-mini (NQ), toutes les transactions passent par une seule bourse, le CME. Le volume que tu vois est donc le vrai volume du marché. Les spécifications du CME fixent l'échelon de prix minimum à 0,25 point d'indice, soit 5 dollars par contrat NQ : chaque barre de ton profil correspond à un de ces échelons, ou à un regroupement que tu choisis. Le micro (MNQ) a le même échelon pour un dixième de la valeur : je t'explique comment choisir entre NQ et MNQ selon ton capital.
Comme je le dis vers 17 min 20 de ma vidéo : « les volumes, il y a une transparence totale ». Sur un CFD ou sur le forex au comptant, ce n'est pas le cas : chaque courtier n'a que son propre flux, et beaucoup de plateformes affichent un « volume tick » (un nombre de changements de prix), pas des contrats. Le Volume Profile y devient une approximation.
Les périodes du Volume Profile
C'est sa grande souplesse : tu peux le tracer sur n'importe quelle période.
- Profil de séance : un profil par journée, comme le Market Profile.
- Profil à gamme fixe : tu choisis toi-même le début et la fin (une tendance, un range de trois jours).
- Profil composite : plusieurs semaines empilées pour voir les grandes zones de volume.
Je détaille ces réglages, les nœuds de volume (HVN et LVN) et leur lecture dans mon guide du Volume Profile.
Temps d'un côté, volume de l'autre : les deux outils ont pourtant chacun un POC. Et c'est là que commencent les vraies questions.
POC du temps ou POC du volume : lequel est le vrai juste prix ?
Les deux POC sont justes, mais ils ne répondent pas à la même question. Le POC du Market Profile est le prix où le marché a passé le plus de temps ; le POC du Volume Profile (souvent appelé VPOC) est le prix où il s'est échangé le plus de contrats.
POC veut dire Point of Control. Dans les deux cas, c'est la ligne la plus longue du profil, celle autour de laquelle la journée s'est équilibrée.
Le POC du temps : le prix accepté
Sur le Market Profile, le POC est le prix qui a reçu le plus de lettres. C'est le prix que le marché a accepté le plus longtemps. Dans ma vidéo, vers la 26e minute, je prends l'exemple d'un vendredi où le POC était à 24 179,50 sur le Nasdaq, et je précise : « si tu utilises des bougies, tu ne peux pas le voir ».
C'est ce que j'appelle le juste prix de la séance. Si le marché y revient en descendant, l'idée est de chercher un achat. S'il y revient en montant, l'idée est de chercher une vente. La seule chose que je ne sais pas, c'est l'heure à laquelle il y reviendra.
Le POC du volume : le prix défendu
Sur le Volume Profile, le POC est le prix où les plus gros intervenants ont le plus travaillé. Il marque souvent une zone où quelqu'un a construit ou défendu une position. C'est pour ça que beaucoup de traders s'en servent comme niveau précis de support ou de résistance. Attention : un POC ne garantit pas un rebond, il signale seulement une zone où une réaction est plus probable.
Et la zone de valeur ?
Les deux outils calculent aussi une zone de valeur (Value Area) : l'intervalle autour du POC qui contient environ 70 % de l'activité. Sur le Market Profile, ce sont 70 % des lettres ; sur le Volume Profile, 70 % des contrats. Dans ma vidéo, les lignes violettes marquent la valeur du vendredi : 70 % du temps passé dedans. Le haut s'appelle la VAH, le bas la VAL.
Quand les deux POC tombent au même prix, la lecture est simple. Mais que faire quand ils se séparent ?
Pourquoi le Market Profile et le Volume Profile divergent-ils ?
Ils divergent parce qu'un prix peut recevoir beaucoup de temps avec peu de contrats, ou beaucoup de contrats en très peu de temps. Une divergence n'est pas une erreur de ta plateforme : c'est une information.
Sur le Nasdaq, je vois surtout trois situations.
Cas 1 : du temps sans taille (la nuit)
Pendant la nuit européenne, le NQ tourne souvent dans un petit range avec peu de contrats. Chaque demi-heure imprime ses lettres sur les mêmes prix : le POC du Market Profile se forme là. Mais en volume, cette zone pèse peu. Si tu traces ton profil sur toute la séance Globex, ton POC TPO peut donc être tiré vers une zone que les gros intervenants n'ont presque pas touchée.
Lecture : ce prix est connu, mais il n'a pas été défendu. Je le respecte moins qu'un POC où temps et volume sont d'accord.
Cas 2 : de la taille sans temps (une annonce, l'ouverture)
À 14 h 30 (chiffres américains) ou à 15 h 30 (ouverture de Wall Street), des milliers de contrats passent en quelques minutes sur quelques prix. Le Volume Profile affiche une énorme barre ; le Market Profile, lui, n'imprime qu'une ou deux lettres à ces prix.
Lecture : quelqu'un a mis beaucoup d'argent là, mais le marché n'y est pas resté. Soit c'est un rejet net (le prix repart vite), soit c'est une position qu'il faudra retester. Je surveille ce niveau, mais je ne le traite pas comme la valeur de la journée. C'est aussi dans ces moments que l'on voit des balayages de stops, que je décris dans mon article sur la chasse aux stops.
Cas 3 : les deux POC d'accord
Quand le prix le plus visité et le prix le plus traité tombent au même endroit, à un ou deux ticks près, c'est le cas le plus solide : le marché y a passé du temps ET de l'argent. C'est le genre de niveau que je note pour les séances suivantes.
Comment trancher en cas de désaccord
Je ne choisis pas un gagnant. Je garde les deux lignes et je me pose une question simple : est-ce que la zone entre les deux POC est une zone d'équilibre ou un couloir que le prix a traversé vite ? Si le marché revient entre les deux, je considère toute la zone comme la valeur. S'il la traverse sans s'arrêter, c'est le signe qu'aucun des deux niveaux n'est encore défendu.
À retenir
- Temps sans taille = prix connu mais peu défendu (souvent la nuit).
- Taille sans temps = gros intérêt ponctuel, souvent un rejet ou un niveau à retester.
- Les deux POC d'accord = le niveau le plus solide.
Tout ça te dit comment lire les deux profils. Reste la vraie question pratique : lequel ouvrir, et quand ?
Quand utiliser le Market Profile, quand utiliser le Volume Profile ?
Utilise le Market Profile pour comprendre la structure de la journée (équilibre ou déséquilibre, acceptation, type de séance) et le Volume Profile pour localiser les niveaux précis où les contrats se sont concentrés. Le premier répond à « où en est l'enchère ? », le second à « où est l'argent ? ».
| Question | Market Profile | Volume Profile |
|---|---|---|
| Donnée mesurée | Temps (TPO) | Contrats |
| POC | Prix le plus visité | Prix le plus traité |
| Période | Séance, en 30 min | Libre |
| Type de journée | Oui | Non |
| Initial Balance | Oui | Non |
| Niveau précis | Moyen | Fort |
| Forex, CFD | Possible | Approché |
Ce que seul le Market Profile te montre
Les lettres gardent l'ordre chronologique de la séance. C'est ce qui permet de lire :
- l'Initial Balance, le range des deux premières lettres de la séance américaine ;
- les single prints, ces prix où une seule lettre est passée, signe d'un mouvement rapide et d'un déséquilibre ;
- les hauts et bas « pauvres » (poor highs, poor lows), qui finissent sur plusieurs lettres au même prix et laissent souvent une affaire non terminée ;
- la forme du profil : un D bien rond pour une journée équilibrée, un P ou un b quand un camp a pris la main.
Ce que seul le Volume Profile te montre
Il te montre les nœuds de volume : les HVN (gros volumes, zones d'équilibre où le prix ralentit) et les LVN (creux de volume, zones que le prix traverse vite). Il se trace sur une tendance, sur une semaine ou sur un mois, ce que le Market Profile fait moins naturellement. Et il s'accorde bien avec la VWAP, qui est aussi un calcul pondéré par le volume.
Day trading ou swing ?
En day trading sur les futures, je lis le Market Profile de la veille et du jour, et le Volume Profile de la séance. En swing, sur plusieurs jours, le Volume Profile composite prend plus de place, parce qu'il résume des semaines de contrats en quelques zones. Pour débuter, je conseille la structure d'abord (Market Profile), la précision ensuite (Volume Profile).
À retenir
- Market Profile : structure, acceptation, type de journée, Initial Balance.
- Volume Profile : niveaux précis, nœuds de volume, n'importe quelle période.
- Pour débuter : la structure d'abord, la précision ensuite.
Un tableau, c'est bien. Un cas réel, c'est mieux. Voici comment je les ai combinés un vendredi de septembre.
Comment je combine les deux : un exemple réel sur le Nasdaq
Un vendredi 19 septembre, j'ai utilisé le Market Profile pour le contexte et le volume (au footprint) pour le déclenchement. C'est l'exemple que je détaille dans ma vidéo sur le Market Profile. Je te le raconte dans l'ordre, sans résultat chiffré : ce qui compte, c'est la lecture.
15 h 30 : ouverture dans la valeur de la veille
À 15 h 30, le NQ ouvre à 24 768. Ce prix se trouve à l'intérieur du profil de la veille, le jeudi. Pour moi, une ouverture dans la valeur de la veille, c'est un marché en équilibre : je ne cherche pas à suivre une cassure, je cherche à jouer les bords de la valeur.
Le bord qui m'intéresse est le haut de la zone de valeur de la veille, la VAH, à 24 805,50 (à la 4e minute). Mon idée est simple : si le prix vient chercher ce niveau, je regarde une vente.
15 h 52 : le volume explose au-dessus de la VAH
À 15 h 52, le prix dépasse la VAH et monte jusqu'à 24 817,50, soit environ 12 points au-dessus. C'est là que je passe au footprint, la lecture du volume bougie par bougie : gros volume, des déséquilibres acheteurs, 218 contrats à l'achat sur un même niveau (6e minute).
Malgré cette agressivité, le prix ne continue pas. C'est de l'absorption : des vendeurs passifs encaissent tous les achats sans reculer. Le Market Profile me disait « on est au bord de la valeur » ; le volume me dit « les acheteurs n'arrivent pas à sortir ».
La suite : retour vers l'équilibre
Dans un marché équilibré, la cible logique est le centre de la valeur. Comme je le dis vers la 9e minute : « un marché, il est tout le temps équilibré. Et quand il ne l'est pas, il est à la recherche d'un équilibre » (voir le passage). Le point d'équilibre visé se situait vers 24 714,75. Je précise dans la vidéo que c'est une zone, pas un tick exact (voir le passage).
Le mouvement s'est déroulé entre 15 h 30 et 20 h. Plus tard dans la séance, le prix a aussi rejeté le POC, avec des lettres H et I imprimées au-dessus (vers la 12e minute).
Pourquoi les deux outils étaient nécessaires
Sans le Market Profile, je n'aurais pas su que 24 805,50 était le bord de la valeur de la veille. Sans le volume, je n'aurais pas vu l'absorption qui confirmait que ce bord tenait. Vers la 11e minute, je résume : « le market profile, lui, va être beaucoup plus méta » (voir le passage). Le footprint, le delta cumulé et le carnet d'ordres servent ensuite à la lecture fine, que j'explique dans mon guide du footprint chart. Si tu travailles sur TradingView, j'ai aussi écrit un article sur le footprint dans TradingView.
Cet exemple est pédagogique : il montre une lecture, pas un signal à reproduire. Le trading de futures comporte un risque élevé de perte.
Les bases de cette lecture, avec la démonstration du Market Profile, sont dans ma formation offerte : c'est la suite logique de cet article.
À retenir
- Market Profile : où est la valeur, où sont ses bords (VAH, VAL, POC).
- Volume (footprint) : est-ce que le bord tient ou cède, au moment où le prix le touche.
- La cible d'un retour vers l'équilibre est une zone, pas un prix exact.
Quelles erreurs éviter quand on compare les deux profils ?
La plupart des erreurs que je vois viennent d'un réglage mal compris ou d'une attente trop forte envers l'outil. En voici cinq.
- Vouloir que les deux POC tombent au même prix
Ils ne mesurent pas la même chose, donc ils n'ont aucune raison d'être identiques. Chercher « le bon » POC entre les deux, c'est passer à côté de l'information que donne leur écart.
- Ne pas savoir quelle séance tu affiches
Sur le Nasdaq, un profil calculé sur toute la séance Globex (minuit à 23 h, heure de Paris) et un profil calculé sur la seule séance américaine n'ont pas le même POC. Les lettres de la nuit déplacent le Market Profile beaucoup plus que le Volume Profile. Vérifie toujours dans tes réglages quelle séance est prise en compte, et garde le même réglage d'un jour à l'autre.
- Traiter un niveau comme un mur
Un POC ou une VAH n'est pas un prix magique au tick près. Dans mon exemple de septembre, le prix a dépassé la VAH de 12 points avant de repartir. Si tu places ton stop un tick derrière le niveau, tu te fais sortir avant même que la lecture se confirme. Pense en zones, et dimensionne ta position en conséquence : je l'explique dans mon article sur combien risquer par trade.
- Empiler les profils sans plan
Market Profile, Volume Profile de séance, composite hebdomadaire, profil à gamme fixe : en dix minutes, ton graphique devient illisible. Choisis un outil de contexte et un outil de précision, et tiens-t'en à eux pendant plusieurs semaines.
- Croire que le profil prédit
Comme je le dis à la 15e minute de ma vidéo : « il ne va pas te permettre de lire l'avenir, mais il va te donner des informations qui sont factuelles » (voir le passage). Un profil te donne des probabilités et des zones de décision. Jamais une certitude.
Ces erreurs se corrigent. Les limites des outils, elles, sont structurelles : mieux vaut les connaître.
Quelles sont les limites du Market Profile et du Volume Profile ?
Les deux outils décrivent ce qui s'est passé : ils sont descriptifs, pas prédictifs. Leur force est de transformer des milliers de transactions en une image lisible ; leur limite est de rester une photo du passé.
Le profil du jour bouge pendant la séance
Pendant la journée, le POC et la zone de valeur se déplacent à mesure que les lettres et les contrats s'ajoutent. Un jour de tendance, la valeur peut migrer de plusieurs dizaines de points entre le matin et le soir. C'est pour ça que je m'appuie surtout sur les profils terminés (la veille, la semaine) pour préparer mes niveaux, et sur le profil en cours pour voir où la séance est en train d'accepter les prix.
La zone de valeur à 70 % est une convention
Les 70 % viennent de la statistique (environ un écart-type d'une courbe de Gauss), pas d'une loi du marché. Selon que ta plateforme calcule la valeur en TPO ou en volume, et selon la taille des échelons de prix, la VAH et la VAL changent de quelques points. Garde un calcul constant pour pouvoir comparer d'un jour à l'autre.
Le volume n'est réel que sur un marché centralisé
Sur les futures du CME, le volume est le volume de toute la bourse. Sur un CFD ou sur le forex au comptant, il ne l'est pas. Le Market Profile, qui n'utilise que le prix et le temps, fonctionne partout. Le Volume Profile, lui, perd beaucoup de sa valeur hors des marchés centralisés. C'est une des raisons pour lesquelles je travaille sur les futures, ce que je raconte dans mon article sur l'order flow en France.
Aucun des deux ne remplace le contexte
Un profil ne connaît ni les annonces économiques, ni la tendance de fond, ni ton plan de risque. Comme je le dis vers la 30e minute de ma vidéo : « ça ne remplace pas les bougies ». Il s'ajoute à ta lecture, il ne la remplace pas.
Sur quelle plateforme afficher TPO et Volume Profile ?
La plupart des plateformes d'analyse des futures affichent le Volume Profile ; le Market Profile en lettres est plus rare et souvent réservé aux logiciels spécialisés. Choisis une plateforme qui affiche les deux sur la même séance, avec le même réglage d'horaires.
Ce que je vérifie avant de comparer
- Les données : un flux futures du CME, pas un flux CFD, sinon le Volume Profile n'a pas de sens.
- La séance : Globex complète ou séance américaine seule, et la même pour les deux profils.
- La taille des lettres : 30 minutes, le réglage d'origine du Market Profile.
- Le calcul de la valeur : 70 %, sur TPO pour le Market Profile, sur volume pour le Volume Profile.
Sierra Chart fait partie des plateformes qui affichent les deux profils sur la même séance ; j'explique les réglages pas à pas dans mon guide de configuration de Sierra Chart. Si tu trades le Nasdaq, le choix entre le contrat standard et le micro change le risque, pas la lecture du profil : tout est dans mon article sur le NQ et le MNQ.
Pour aller plus loin sur les lettres, l'Initial Balance et les types de journées, j'ai construit une formation Market Profile en 16 leçons, pas à pas.
Ce qu'il faut retenir sur Market Profile et Volume Profile
Les deux profils ne sont pas concurrents : ils posent deux questions différentes au même marché.
- Le Market Profile mesure le temps (lettres TPO de 30 minutes) ; le Volume Profile mesure les contrats.
- Deux POC : le prix le plus visité (acceptation) et le prix le plus traité (participation).
- Leurs divergences sont des informations : temps sans taille la nuit, taille sans temps sur une annonce ou à l'ouverture.
- Market Profile pour la structure (équilibre, type de journée, Initial Balance), Volume Profile pour la précision (niveaux, nœuds).
- Sur les futures, le volume est réel ; sur CFD et forex, il est approché.
Ton action pour ce soir
Ouvre le graphique du Nasdaq de la séance d'aujourd'hui. Affiche le Market Profile et le Volume Profile sur la même séance. Note les deux POC et l'écart entre eux en points. Puis remonte dans la journée : à quelle heure le prix a-t-il passé du temps au POC des lettres ? À quelle heure le volume s'est-il concentré au POC des contrats ? Fais-le cinq jours de suite : tu commenceras à reconnaître tout seul les journées où les deux outils sont d'accord, et celles où ils se contredisent.
La suite logique, c'est de comprendre la zone de valeur en détail et l'enchère qui la construit : mon article sur l'Auction Market Theory est le prochain pas.
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